Nina Kraviz – Nina Kraviz

Les lieux communs ont la peau dure et à l’heure qu’il est Nina Kraviz doit bien le savoir. Née en Sibérie et équipée d’un physique sec et élancé, cette très jeune et prometteuse DJette est souvent célébrée davantage pour ses origines glaciales, pour ses belles gambettes et pour son très joli minois, doux et poupin comme celui d’Ingrid Bergman, que pour sa musique.

Tandis que l’Europe orientale se rend à l’hédonisme trash d’une trance bling bling vouée au culte des gazo-roubles, Nina préfère d’adonner à une house profonde (oui, deep !), et sensuelle, plus entêtante qu’à proprement dire dansante, plus intimiste que partouzarde. On a tendance à oublier que la house n’a pas toujours été réduite aux uplifting anthems que Guetta et sa clique ne cessent de piller et une des surprises de son premier disque – l’éponyme Nina Kraviz – est dans la manière qu’a Nina de s’approprier l’héritage des divas disco-house de l’affirmation de soi (« Get out of my life » et « I don’t trust you anymore », répète-t-elle dans deux de ses meilleurs morceaux) et de parfaitement assurer un groove qui est à la fois très peu européen et trop rare en 2012. Car Nina s’éloigne également pas mal de la voie, devenue ces jours-ci vraiment très enserrée, de la house minimaliste à la berlinoise pour aller voir du côté de la techno expérimentale « primitive » (Detroit, ça vous dit quelque chose ?), cherchant plus à nous dépayser qu’à nous hypnotiser.

Si le dépaysement n’est pas total puisque, vous l’aurez compris, Nina n’a peut-être pas suffisamment oublié ses classiques, son disque n’est pas moins impressionnant de subtilité et de maîtrise. Cette fille est un (contre)pied !

Label : Rekids

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