Chroniques

Scissor Sisters – Night Work

Par - Publié le 21 août 2010

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Scissor Sisters a connu le sort de nombre d’artistes, passés de l’ombre à la lumière, de l’éclat préservé de l’underground à la surexposition médiatique, quasiment sans effort, avec pour passeport une musique accessible.

Après Ta-Dah, deuxième album un peu pompeux et qui a flatté les bas instincts du grand public en chassant sur les terres kitsch d’Elton John et de Queen, ils tentent de revenir sur des terrains plus corporels.

La pochette annonce la couleur : une photo en n&b cadrant de près sur une superbe paire de fesses moulées dans un pantalon, non pas celles de Jake Shears (qu’on sait exquises), mais d’un Peter Reed, tirée par Robert Mapplethorpe en 1979. Donc l’album parle de cul, de sexe et du milieu dans lequel celui-ci peut le plus librement évoluer : la nuit. S’inspirant des déambulations de Shears dans la nuit berlinoise, Nightlife, donc, suit les pas d’un jeune homme, son épanouissement (par le / son cul, entre autres, tel “Any Which Way”, qui ne fait pas dans la dentelle) à travers le milieu nocturne et son corollaire, les inévitables désillusions.

La musique cherche à coller au plus près à son contenu, et Scissor Sisters a dégraissé sa musique des ballades mièvres et a fait appel à l’efficace producteur Stuart Price (Madonna, Kylie..). Tel Trevor Horn pour Frankie Goes To Hollywood, l’homme derrière les manettes leur a ciselé un diamant d’onze morceaux taillés pour le dance-floor, étincelant sous la boule à facettes. L’efficacité des morceaux a été privilégiée à l’écriture des mélodies, et on pourrait le regretter. Au lieu d’une explosion de bombes individuelles, mais plutôt une suite toutefois accrocheuse dont ressort en dernier le joyau “Invisible Light”, morceau de bravoure qui propulse les Bee Gees, Pink Floyd et Thriller dans un shaker électro à la sauce DFA, boosté au poppers.

En deuxième effet, l’album s’offre, tel Music For Men de Gossip, en alternative au Trivial Poursuit en truffant l’album de petites phrases piquées ça et là dans l’histoire de la musique à danser.  Toutes les chapelles musicales sont unies pour faire feu de tout bois afin de faire bouger et jouer la mémoire des connaisseurs.

Entre Mika et Hercules & the Love Affair, les Sœurs Ciseaux trouvent leur équilibre dans le marché de la musique pop “gay”, et il sera fragile à conserver. Mais en attendant, c’est donc avec un plaisir un peu coupable que cet album de musique populaire s’écoutera et se dansera tout cet été 2010.

Scissor Sisters sera au Casino de Paris le 4 novembre 2010.

http://www.scissorsisters.com/

Label: Polydor / Universal

 

 

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Un commentaire sur “Scissor Sisters – Night Work”

  1. [...] This post was mentioned on Twitter by PopinGays, PopinGays. PopinGays said: Fresh&New sur PiG.com ! Scissor Sisters – Night Work http://bit.ly/cHSCZu [...]

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