Chroniques

Jenny Wilson – Hardships

Par - Publié le 11 avril 2010

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Finalement, pourront dire certains : le deuxième album de Jenny Wilson est officiellement sorti en France ce mois-ci. Si la scandaleuse injustice est réparée, ses fans, n’auront sûrement pas attendu Hardships paru il y an bientôt un an. Mais que les néophytes ou les sages se réjouissent ; ils pourront découvrir l’un des joyaux dont la Suède a le secret.

Jenny Wilson a pu se faire découvrir de diverses manières : en collaboration avec the Knife, avec ses son propre groupe First Floor Power, ou bien son magnifique premier album, Love & Youth, paru en 2005.

Jenny Wilson a été dotée de la stature et la classe de Greta Garbo, le timbre de sa voix est un croisement entre une Joni Mitchell non fumeuse et une Roisin Murphy. Et quand on la voit sur scène au piano, s’élèvent les présences d’une Kate Bush matinée à Nina Simone.

Si elle vient du grand Nord, et si ses 13 chansons ont la patte scandinave, c’est du côté de la Virginie et du son R’n B « so 2000 » qu’elle est allée chercher ses sons.  Peut-être qu’elle aurait rêvé d’un Timbaland ou des Neptunes, aux manettes. Grand bien lui en a fait que l’album ait été réalisé par une petite équipée soudée autour d’elle. Elle a conservé la syncope funky minimaliste, et évacué la vulgarité et les effets de manche. Certains effets accrochent (les “Oh” et ajouts qui ponctuent les morceaux), et d’autres continuent à faire sourire (la ballade avec solo saxo alto 80’s), la palette musicale est notable –démultiplication des voix, un cuivre par ci par là, une rythmique assurée par la guitare et souvent complétée par des marimbas – et la production claire et sans emphase. Petits détails affriolants et grandes chansons construisent le tableau de cet artiste.

Le monde de Jenny Wilson se suspend. La musique se pare d’humilité et de grandiloquence. La mélancolie tangible du premier album devient souterraine sur Hardships, mais elle continue à irriguer nombre de chansons. Un souffle romantique dévastateur est sans cesse mis à distance. Le hiératisme est assoupli par son funk féminin. La déviance n’est jamais loin, mais contenue dans une excentricité dont les contours se discernent mal.

Jenny Wilson a tout d’une diva, il ne lui manque plus que la reconnaissance.

http://www.myspace.com/goldmedalrecordings

Label: Cold Medal Recordings / Discograph

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