Interviews

Band Of Skulls, l’interview des gentils anglais à poils longs

Par Mell Boy - Publié le 8 mars 2010

Il y a actuellement 2 commentaires sur cet article.

bandofskulls

Un soir de janvier pluvieux et moche comme il y en a tant à Paris, j’ai fait un brin de causette avec les trois anglais de Band Of Skulls.
Tranquillement installés dans les salons de Gals Rock, Matthew Hayward – batterie, Russell Marsden – guitare & chant- (voila pour les poils) et Emma Richardson – basse & chant- (voila pour tout le reste…),  me racontent leur vie. Timides et polis, ils m’ont tout de même raconté un peu tout et n’importe quoi, pour des anglais bien élevés…

(En guise de présentation, tu peux lire la chronique PIG de leur album Baby Darling Doll Face Honey )

Juste parce vous n’aimez pas le faire et vous n’êtes pas d’accord sur le sujet, est ce que vous pourriez décrire la musique que vous faites ?
Matt: Haha ok! On a tous des goûts très différents en musique et une idée différente de ce que notre groupe est. Du coup, c’est difficile de décrire notre musique d’un point de vue unique, parce que je pense que c’est un type de groupe, Russell pense que c’en est un autre et Emma pense encore une troisième chose.

Vous êtes donc incapables de vous mettre d’accord sur ce que vous faites ensemble ?
Matt: Non, ça craint…
Russ: Je pense que c’est un des éléments fondateurs de notre groupe ! C’est exactement comme ça qu’on fait de la musique. Le problème est qu’on n’est jamais d’accord, donc on bataille constamment les uns contre les autres.

Justement, vos différentes et diverses influences musicales sont assez flagrantes, d’une chanson à l’autre, d’où vous viennent-elles?
Emma:
Pour moi, c’était la collection de disque de parents, plutôt les Stones, les Beatles et des vieux chanteurs de blues du genre Howling Wolf. Ma mère était à fond dans les chanteurs à la Bob Dylan, Cohen et Neil Young, donc j’ai hérité d’un mix de tout ça
Russ:
J’y pensais justement hier, à mon père et ses disques de punk, de Pink Floyd. Les collections des disques étaient toutes les mêmes, donc je ne faisais pas la différence et du coup  j’ai écouté toutes sortes de musiques différentes.
Matt:
Mon père est musicien aussi, il joue de la batterie et de la guitare. C’est un peu différent pour moi. J’ai fait mon apprentissage musical en apprenant à jouer, en regardant les musiciens en live, avec une approche un peu plus technique. Mon père a joué toute sa vie dans plein de groupes différents, avec les Stones, les premiers groupes de rock. Bon, ensuite dans les années 80 c’est devenu un peu chelou, avec Dire Straits…(rires)

Vous avez commencé sous le nom “Fleeing New York”. En quoi est ce que Band Of Skulls diffère du groupe que vous avez initialement monté, hormis le nom?
Russ:
Avant, il y avait souvent plein de musiciens qui jouaient avec nous, donc il y avait une dynamique différente. On avait une approche beaucoup plus expérimentale de la musique. Et plutôt que de faire ça en privé, on faisait ça sur scène, pendant nos concerts. Notre approche était vraiment de trouver des sons, sans aucune règle. C’était un peu chaotique, et franchement ça ne marchait pas toujours! On s’est rendu compte qu’il y avait quelque chose entre nous trois et qu’on était un peu le noyau dur, la quintessence du groupe. Et que tout le bordel autour était superflu. On était trois à vraiment vouloir faire carrière dans la musique et à vouloir faire un album décent.

Est que le changement de nom était un mal nécessaire ?
Matt: On s’est exilés pour écrire des chansons, sans se préoccuper de quoique ce soit. On avait un manager tout nouveau à l’époque et il nous a laissé être créatifs. On a juste eu besoin d’un nom à un moment, pour trouver des dates de concerts, entre autres…
Emma: En plus, tous nos morceaux avaient ressenti vraiment différent, donc il nous fallait sérieusement un nouveau nom !

Du coup, vous prévoyez de re-changer de nom d’ici 5 ans?
Russ: (rire) Oui ça pourrait être un bon concept. Un album par nom de groupe

En plus de changer de nom, en quoi est ce que votre façon d’aborder la composition a aussi changé?
Emma:
Maintenant on a un processus moins démocratique. On écrit tous les trois et on se dispute sans arrêt sur tout!
Russ:
Le fait d’être en permanence en compétition avec les autres nous pousse à faire de la meilleure musique. Le but est d’arriver à maintenir son apport à un morceau dedans, à ce qu’il ne se fasse pas dégager par les deux autres. Et ça commence à donner des trucs vraiment bien !

Russ & Matt, vous êtes bien des amis d’enfance
Matt & Russ: Uuuuh huh …
Du coup, Emma, est ce que tu te sens parfois comme un outsider ou est-ce plutôt un avantage ?
Emma: (rire) Oui, c’est vrai, ces deux-là se connaissent depuis très longtemps! Mais vu qu’on traîne ensemble depuis un bon nombre d’années maintenant, ça a complètement atténué le décalage.
Russ: C’est notre égale maintenant (rire). (A Emma) C’est bon, t’es rentrée dans le rang, plus de traitement de faveur!
Emma: (morte de rire) Oui c’est fini ça… C’est vrai qu’avant, Matt ne parlait presque pas, j’étais un peu plus jeune que lui et il se servait de Russel comme intermédiaire… Non, en fait, c’est toujours le cas (Russ est assis entre Matt et Emma)
Russ: D’ailleurs, Matt te demande si tu veux une bière pour plus tard… (tous morts de rire)

Band Of Skulls (copyright jfhamelin)Êtes-vous nerveux à propos de cette première tournée en Europe ? (leur 1ere date à paris était le lendemain de l’interview)
Emma: En fait, on a enregistré pour Taratata il y a environ une semaine, avec John & Jehn
Russ: Non, Jehn & John, fais un effort..
Emma: Oui, ça va hein…
Matt: C’était marrant comme expérience d’ailleurs. On les a littéralement rencontrés au déjeuner, et dans l’après-midi, on enregistrait un morceau ensemble, devant genre 300 personnes…
Russ: On a répété dans le taxi. En fait Taratata c’était comme une répet, mais à la télé !
Emma: Avec 300 personnes dans la salle, et trois essais pour mettre le truc en boite… C’est un peu du genre “bon ok merde faut pas se louper là..”
Matt: Mais le concept est génial, c’est un excellent test pour les musiciens
Russ: Oui, “tu crois que t’es bon, tiens, essaye ça pour voir! “. Il y a un coté compétition, avec quelqu’un que t’as jamais rencontré, sur un morceau que tu n’as jamais joué. Bonne chance..Go !!
Emma: C’était plutôt une super expérience, les gens se sont bien occupés de nous, le concept de l’émission est cool, c’était vraiment sympa
Russ: Et le catering est super (se marrent comme des baleines). Mais donc pour en revenir au sujet, techniquement, c’était ça notre premier concert à Paris. Pour nous, une nouvelle ville c’est toujours vraiment terrifiant, parce que des fois, personne ne te connais, et il y aura 2 personnes dans la salle ! Nous on ne sait jamais quel boulot les promoteurs ont fait. Nous on table toujours sur 2 personnes, comme ça, quand il y a plein de gens on est pfiouuuu super soulagés
Emma:Pffiouuuu thank god
Russ: On se met quand même dans des états pas possible tous les soirs…

En étant en tournée tout le temps, vous trouvez encore le temps d’écrire? Emma, tu arrives à peindre? (elle a peint la pochette de leur album)
Emma: C’est assez balèze, il faut l’avouer. En général avant les balances, on a 5 ou 10 minutes pendant lesquelles on peut bidouiller quelques idées
Russ: En fait en t’attendant, je faisais un liste d’idées, tu vois (me montre une liste de 5 mots en se marrant). On en est réduits à utiliser le moindre minuscule laps de temps pour trouver de nouvelles idées. Du coup, on a des milliers de fragments d’idées qu’on va devoir se débrouiller à assembler en studio. Pas la moindre d’idée de ce à quoi ça va ressembler, le chaos probablement. Si tout se passe bien, on pourra faire ça avant la fin de cet été.
Matt: Le label nous promet 3 semaines de disponibilité. Mais à mesure qu’on se rapproche des 3 semaines en question, elles diminuent bizarrement et au final on se retrouve avec 2 jours pour pondre un album (morts de rire)

Un petit mot sur la BO de Twilight 2, comment vous êtes vous retrouvés dessus?
Matt: C’était très bizarre en fait. On enregistrait des démos pour cet album, et cette chanson (Friends) est une de celle qui n’a pas été finie à temps et qu’on avait mise de coté. Puis la démo s’est retrouvée on ne sait pas trop comment, entre les mains des mecs de Twilight. Et à L.A, en lisant dans un journal une interview du réalisateur qui disait qu’il avait une super BO pour le film, avec Muse, Thom York, Band Of Skulls etc, on s’est dit “quoi????”
Emma: Qu’est ce que c’est que ce truc!!??
Matt: Donc on appelle notre manager et il nous fait “aaaah euuuh oui“, l’air ps du tout au courant!
Russ: On s’est dit que ça devait être un des morceaux enregistrés de l’album et on lu quelque part que c’était Friends. Là, on s’est dit “putain comment ils ont eu ce morceau ????” Ce truc n’existe que sur un CD, doit y en avoir 4 copies à tout casser !
Matt: Tout le monde a été étrangement silencieux sur le sujet….La façon dont ils ont récupéré la demo reste un mystère entier…
Emma: Très probablement une fuite du studio…Mais en un sens, on a eu de la chance, la démo n’était pas trop pourrie (rires)
Russ: En fait, on a passé des semaines sur certaines chansons, à les refaire encore et encore, à en devenir dingue puis on est allés les mixer aux US. On y a mis beaucoup d’ardeur. Et sur ce truc là, on était à un rythme de 5 démos par jour, c’était presque du travail à la chaïne. Et je me souviens que la voix a été faite en une prise !! Paf, fini, au suivant.. Et c’est ça qui est sur la BO !!!
Matt: On n’avait jamais joué ce morceau ensemble, comme tous les instruments ont été enregistrés séparément. Et les gens du film voulaient qu’on joue à plusieurs avant-premières. Alors on a du s’enfermer pendant une semaine pour apprendre à jouer ce titre ensemble.
Emma: On a carrément du l’apprendre en fait, un peu comme si on faisait une reprise de nous même ! C’était un peu du genre “Merde est ce que c’est bien ça que je joue là? Pff, j’en n’ai pas la moindre idée…” Heureusement que ce n’est pas une chanson trop compliquée !
Russ: Après ça, on s’est farci toutes les premières!  La toute première fois qu’on a joué ce morceau live, c’était devant tous les pontes d’Hollywood à LA
Emma: Oui avec Death Cab For Cutie, tranquille, zéro pression, “salut les gars” (rires)

Est ce que ça a changé quelque chose pour vous ?
Russ: (rires) En fait pas grand chose. Sauf que ce matin, au lieu de voyager en tour bus, on a eu le droit de prendre le train depuis Munich. Et qu’on a quartier libre, on est lâchés dans la nature, avec personne du label sur notre dos !
Emma: On est même obligés de s’acheter nos propres bières (exhibant fièrement son pack de Heineken)
Matt: Notre tour manager et notre manager, qui s’occupent de tout normalement, ne sont pas là, on est obligés de faire des choses ! Mais honnêtement, on est plutôt comme des gamins paumés là.. Des gamins paumés et bourrés..
Russ: Oui, on pourrait courir partout dans paris et faire n’importe quoi, mais on se perdrait probablement… D’ailleurs, tu connais la salle de demain, c’est une ancienne gare non? (La Flèche d’or). Nous on est juste ravis de jouer à Paris, surtout Emma et moi. Quand on était aux beaux arts, on venait beaucoup à Paris, faire plein de conneries
Emma: Voir quelques galeries d’arts
Russ: Et faire plein de conneries. C’est surtout qu’étant gamin, on se disait que peut-être un jour notre groupe jouerait ici !
Emma: Et on se retrouve à le faire en vrai, c’est pas rien quand même.

Ici, pour te mettre le public dans la poche, c’est facile, tu essayes simplement de parler français et toute le monde va t’adorer!
Emma: Ah oui j’ai quelques blagues sous le coude (rires). J’apprends doucement à dire..euh non je peux pas dire ça en français..
Russ: Quoi? Des insultes?
Emma: Non, tu sais, la phrase indispensable dans toutes les langues: “I can drink you under the table
Russ: Vas-y, essaye, c’est un bon moment pour une première  tentative
Matt: Comment on dit ça en français, vas-y!
Emma: Non, je peux pas, je ne l’ai pas encore apprise en français…
Russ: En fait, les gens nous écrivent plein de trucs à dire sur scène. Je n’ai bien sur aucune confiance en eux… On va s’abstenir ce soir !

A savoir que leur prestation du lendemain a largement valu le coup d’endurer la performance emo FM pourrie de leur 1ere partie. Band Of Skulls seront le 25 mai en concert au Nouveau Casino. A ne pas louper !

Band Of Skulls sur myspace
Band Of Skulls le site

0 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 50 votes, average: 0.00 out of 5 (0 votes, average: 0.00 out of 5, rated)
Loading ... Loading ...

Tags: , , , , , , , , ,

2 Commentaires sur “Band Of Skulls, l’interview des gentils anglais à poils longs”

  1. avatar

    J’hésite : femme à barbe ou mâle à perruque blonde ???

    Commentaire par dorah — 8 mars 2010 @ 21 h 08 min

  2. avatar

    tu prends celui que tu veux, je choisis Chrissie Hynde…

    Commentaire par Mell Boy — 8 mars 2010 @ 22 h 03 min

Ecrire un commentaire

You must be logged in to post a comment.

Playlist du mois

Juillet, fais autre chose que du foot avec tes pieds (danse, par exemple)

By PIG Team

Chaud les marrons, chauds ! Bouillant le café, bouillant! Glacé, la bière, glacée ! Tout pareil pareil la playlist, tout pareil !!!
Rien que pour toi,… »

A suivre

Recevez PIG News

Archives