Emma Pollock – The Law Of Large Numbers

Ce nom ne vous dit probablement rien, mais Emma Pollock fait pourtant de la musique depuis plus de 15 ans, partageant de 94 à 2005 la tête des Delgados, sorte de Pastels en plus colorés, ou de XX dix ans avant (électro en moins). Même s’ils n’ont jamais vraiment percé, ces Écossais sont tout de même responsables de 5 très bons albums (dont, surtout, The Great Eastern), de nombreuses Peel Sessions, et de la création du label Chemikal Underground, qui hébergera rien de moins que Mogwai, Bis ou Arab Strap. En 2005, le groupe, fatigué de dépenser autant d’énergie pour si peu de succès, se sépare, laissant sur le carreau sa plus belle pièce : Emma Pollock.
Si elle continue à travailler pour Chemikal Underground, c’est sur 4AD qu’Emma sort en 2007 un premier album solo, Watch the Fireworks, qui marque très logiquement la transition entre des chansons soft-rock qui n’auraient pas détonné sur un album des Delgados, et une approche plus personnelle, plus… solo, quoi. Tout naturellement, c’est cette voie que The Law of Large Numbers, le deuxième album d’Emma Pollock, approfondit : plus de piano, plus de chansons douces (mais il ne s’agit pas de ballades!), et même une voix qui semble de plus en plus experte et sensible, s’éloignant du phrasé un peu “parlé” qui caractérisait son rôle dans les chansons des Delgados, pour mettre en valeur un timbre fragile et plein d’émotion, qui rappelle celui de la new-waveuse Jane Siberry.
De l’émotion donc, mais très retenue, toujours, au point que c’est malheureusement ce qui pourra laisser beaucoup d’auditeurs sur la touche, cette impression que les chansons ne décollent jamais vraiment, qu’elles effleurent sans jamais vraiment toucher, comme un petit quelque chose qui manque. Mais cette retenue était déjà dans la musique des Delgados, malgré tous les violons qu’ils pouvaient ajouter, et c’est aussi ce qui faisait leur charme discret.
The Law of Large Numbers est quoi qu’il en soit un album de grande qualité, très varié et sans aucune complaisance, avec de très belles réussites, comme la mélodie originale de Red Orange Green, la superbe ligne de piano de House On The Hill, la composition complexe de Letters To Strangers, ou encore le parfait The Child In Me, où Emma Pollock nous montre que c’est encore seule à la guitare qu’elle brille le plus, ce qui ne peut que présager, on l’espère, de bien beaux concerts.
http://www.myspace.com/emmapollock
Label: Pias

Faut-il encore présenter l’Apéro Popingays ? Son bilan ne parle-t-il pas pour lui ? C’est sa troisième année de mandat et il n’a encore jamais dérogé à son programme !
1 – Relance de la croissance par la consommation de boissons fraîches, avec happy hour jusqu’à 20h et grignotages offerts (dans la limite des stocks disponibles).
2 [...]
