Emily Jane White – Victorian America
Victorian America est la seconde livraison d’Emily Jane White. Cette ravissante jeunette aux yeux de biche m’avait quelque peu touchée avec le remarquable Dark Undercoat (2007, à l’époque où Alela Diane saoulait tout le monde avec son “Pirate Gospel”). Deux ans plus tard, EJW n’a pas mué. Elle a toujours un ravissant timbre de voix très particulier, qui rappelle sans cesse la ténébreuse Chan Marshall. Le souci, c’est qu’il semble lui manquer l’âme torturée de son illustre aînée pour hanter sa musique et la rendre mémorable.
Le registre est identique : c’est un délicieux recueil de comptines folk, sombres, poétiques et apaisantes. Forcément, pourquoi changer une recette qui marche ? Vous reprendrez bien une tartine de mignonnes compositions intimistes guitare acoustique-voix (ou piano-voix) ? Histoire de progresser un peu, Victorian America est plus riche en arrangements et orchestrations (aussi connus sous le nom de saindoux musical, qui tient mieux au corps), comme si la jeune américaine avait voulu donner un peu plus d’ampleur à ses morceaux. Elle a fait un effort, c’est bien, paf, un bon point. N’empêche qu’après une quinzaine d’écoutes (je suis patiente), il n’y a toujours rien qui me saute aux oreilles, qui me prenne aux tripes ou me fasse monter une petite larmichette-nan-c’est-rien-j’ai-un-truc-dans-l’oeil. 1, 2, 3, 4, 12 fois, c’est un peu encore et toujours la même chanson. L’histoire sans fin, c’est mignon quand c’est Bill Murray qui la vit, mais quand c’est un album qui vous donne le sentiment de vous réveiller la tronche en marmotte, c’est plutôt mauvais signe.
L’arrière goût que laisse ce Victorian America n’est pas détestable, loin s’en faut. C’est plutôt celui d’un plat pas foncièrement mauvais mais juste un peu fade. C’est celui du manque d’inventivité mélodique. EJW fait tranquillement ses ballades en mineur, sans rajouter ni véritables envolées vocales ou rythmiques, ni progressions mélodiques (ou à peine alors, il ne faudrait pas réveiller bébé). Il lui manque ce petit grain de folie, celui qui fait (à mes yeux) le charme de Dawn Landes et de ses éclats de rires sincères en fin d’enregistrement, nappés de bruits de truc bidules qui font des sons bizarres. Globalement, Victorian America est très beau, précieux, subtil et ciselé, mais aussi et surtout un peu chiant. Là, c’est dit.
Et en concert le 2 février 2010 à l’Alhambra. Pour la sieste…
Label : Talitres



A la Machine, viens mouiller le maillot, avec Gals Rock Crew, Many et Gaia 360° ! Queer As Pop is the new black !
Laisse les parler ceux qui disent que ton nom rime avec biberon




