Matt & Kim, l’interview n’importe quoi
Après quelques péripéties, j’ai eu le privilège de rencontrer Matt & Kim, duo terriblement attachant, au moment de la sortie de leur album Grand, quelques heures avant un concert au Baron (l’endroit le plus mal adapté pour l’une de leur prestations déjantées…). Voici quelques morceaux choisis (Matt et Kim finissent mutuellement leurs phrases et passent leur temps à s’interrompre pour raconter des énormités) d’une discussion surréaliste , durant laquelle nous avons tout de même réussi à parler sanitaires, crottin de cheval, slip de bain et chaussettes sales…
Comment décririez vous votre musique ?
Matt: Si on devait utiliser un genre musical, ce serait probablement “dance funk”. Le genre de musique qui ferait break-dancer nos grands parents.
Kim: Ça me fait penser que des personnes âgées ont fait des chroniques sur nous et que ce sont les meilleures qu’on n’ai jamais eu !
M: On cible de 3 à 80 ans. On est un groupe familial. A louer pour toutes vos fêtes et réunions familiales.
K: On a d’ailleurs joué dans un endroit qui aurait pu être un mariage ! Notre éditeur recevait un prix de je-sais-plus-quoi et on a gentiment animé la soirée, pour des gens sur leur 31, assis sans bouger à des tables rondes ! Et on s’est quand même bien marrés !
Est ce pour ça que vous avez monté un groupe, étant donné qu’au départ, aucun d’entre vous ne jouait d’un instrument ?
K: Je voulais vraiment jouer de la batterie et Matt avait envie d’apprendre le clavier, donc on a essayé. Et on a été forcés de donner notre premier concert. On n’avait même pas de nom de groupe
M: Ni de chansons..
K: Et ça a marché !
M: On a écrit 3 chansons. Comme on n’avait pas trouvé de nom de groupe, on s’est inscrits sous nos noms respectifs.
K: Après ça, bizarrement, on s’est mis à jouer 3 soirs par semaine à Brooklyn. Les gens en ont redemandé.
Comment s’est passé l’enregistrement de votre 1er album, après plusieurs années de tournées intensives ?
M: C’était assez mouvementé dans le sens ou ça s’est fait très rapidement, dans l’état d’esprit “hop allez on se bouge on se débarrasse de ce truc, ce sera fait”. Après 2 mois de tournée, sur une semaine, on a passé 16h par jour à enregistrer. Les voisins tambourinaient aux murs parce que je hurlais à plein poumons à 1h du matin. On avait un budget dérisoire et on a fait ça chez moi, pour avoir une liberté totale et aussi pour avoir une qualité “semi- lo fi”. On a passé beaucoup de temps a essayer de rendre le tout un peu plus merdique ! “Tiens je me demande si je pourrais faire sonner ça de façon un peu plus pourrie”… J’ai quand même lu des critiques qui disaient qu’on avait visiblement eu un bon budget studio. N’importe quoi !
Quel est l’endroit le plus insensé où vous ayez joué ?
M: On a joué tout au bord d’une falaise sur l’océan pacifique, alors que le soleil se couchait derrière nous, c’était très classe. Dans un autre registre, on vient de jouer dans un club à Toronto (NDA: dont il n’arrive pas à se souvenir du nom), avec plus de 4000 personnes, dans un endroit qui était une ancienne galeries de jeu d’arcade qui a été transformée en club, mais avec tout plein de niveau, qui partent dans toutes les directions , presque un labyrinthe !
Est ce que vous avez des anecdotes de tournée inénarrables ?
K: Je suppose que je ne peux pas dire que tu as pissé dans le lavabo l’autre nuit ? Tu es déjà allée dans un hôtel Formule 1 ?
M: Oui, c’est énorme, il n’y avait pas de salle de bain dans la chambre, juste un lavabo. Les toilettes étaient au fond du couloir. Kim m’a autorisé à pisser dans le lavabo ce soir là.
K: En fait, moi aussi j’ai fait pipi dans le lavabo…
M: Quoi??? J’y crois pas…
Avec tout ce temps passé en tournée, avez vous l’impression de vraiment “habiter” quelque part?
K: Notre “chez nous” nous est un peu étranger en ce moment…surtout parce qu’on a eu une infestation de puces et de mites ! Il y avait des rats dans notre plafond et ils ont été tués. Du coup, les mites qu’ils avaient ont emménagé dans notre appartement. Pendant un moment, on a pensé avoir la gale mais ça ne passait pas.
M: On n’arrêtait pas d’utiliser la pommade ultra toxique contre la gale, que tu dois te tartiner sur chaque centimètre carré de peau, surtout là où tu n’as pas du tout envie d’en mettre. Au bout d’un moment, on s’est dit “c’est quoi ce bordel, pourquoi ça ne fonctionne pas?”
K: On s’est alors rendus compte que c’était des puces et on a du désinfecter notre appartement, alors qu’on était rentrés seulement pour une semaine et demie. On a du se débarrasser de notre matelas, dormir sur le sol, c’était le pied.
M: Du coup on ne s’est jamais vraiment installés, vu qu’on est en tournée 9 mois sur 12..
K: J’espère que les puces seront parties quand on rentrera..
Qu’est ce qu’il faudrait pour que vous vous disiez que vous avez réussi ?
K: Avoir une mutuelle, ce serait ça, le véritable succès.
M: Non.. Aujourd’hui, on se débrouille pas trop mal. Juste pouvoir habiter où je veux et faire ce que je veux, ce serait le succès.
K: Avec une mutuelle.
M: Chaque chose en son temps, on progresse. Pendant des années, on a partagé un lit simple. Maintenant, on a un lit double, on est montés en grade !
K: Mais avoir une mutuelle serait le pied. Il n’y a pas si longtemps, Matt s’est blessé au dos et on a du annuler des dates..
M: Oui, mais je suis trop jeune pour être vieux..Mon corps tombe déjà morceau parce que je ne fais pas du tout de sport, je passe mon temps assis dans un van !
K: Tu oublies notre première tournée, où tu t’es ramené en skate et je me suis dit “oh non, il n’y a pas moyen qu’on aille à l’autre bout des US pour qu’il se casse le poignet en faisant le guignol sur son skate”.
Parlons un peu de vos clips déjantés: Kim, pourquoi as tu gardé tes chaussettes sur “Lessons learned”? (NDA: dans lequel ils effectuent un strip-tease en règle en pleine journée, à Times Square)
K: Est ce que tu sais à quel point NYC est crade ??
M: Kim a la phobie des microbes …
K: Donc pas moyen que je me balade pieds nus. Je ne voulais même pas faire ce clip. Ce n’était pas du tout mon idée, Matt m’a forcée à le faire. C’était en plein hiver, on devait se déshabiller en plein New York, j’avais peur de me faire arrêter… Ça ne m’est jamais arrivé et j’aimerais que ça reste ainsi. Enlever mes vêtements, à la rigueur, mais mettre des tongs, jamais ! Il y a plein de trucs dégueus, du crottin de cheval partout !
M: D’ailleurs, mes pieds étaient tout noirs après.
Et les policiers qui se ruent sur vous, ce sont des vrais ?
K: Oui ! L’idée était de se promener à poil et de terminer par le coup du bus – ça ,c’était mon idée. Lors des repérages, les flics n’arrêtaient pas de venir nous voir, parce que c’est Times Square. Mais on avait une sorte de permis de tourner. On avait un papier qui disait qu’on faisait une pub internet dans laquelle 2 touristes se promènent à Times Square “habillés de façon inappropriée par rapport au temps”. C’était donc une demi-autorisation qui a tenu les flics à l’écart. Mais certains n’étaient pas au courant et se sont jetés sur nous. Le producteur/caméraman leur hurlait “On a un permis! On a un permis” et du coup ils nous ont lâchés.
M: L’un d’entre eux avait même l’air de vouloir s’excuser pour avoir fichu notre prise en l’air. Ce n’était aussi violent que ça en a l’air. Il ne m’a pas du tout jeté à terre, j’ai trébuché en essayant de m’échapper !
K: J’ai eu quelques des bleus mais on s’en est bien tirés. Et je ne me suis pas faite arrêter… Malgré la dernière scène. C’est un montage. J’ai du faire plein de prise, nue comme un vers, au milieu de la rue, à sauter en l’air …
M: Avec plein de touristes en train de la regarder et de se demander ce qu’elle fait !
K: C’était complètement surréaliste. Si tu regardes bien la tête que je fais, ça se voit que je suis totalement ailleurs. J’ai un trou noir sur toute cette période. J’étais tellement nerveuse que je ne me souviens de presque rien, c’était un peu traumatisant
M: Totalement. Mais après ça, je me suis acheté un slip de bain. Je me suis dit “si j’arrive à de déshabiller à Times Square, je peux porter un moule-bite”
Après ça, quelle sera votre prochaine vidéo ?
K: Matt m’a promis que ce serait moi qui déciderait ! Ça se passera sur une plage exotique, on ne fera absolument rien d’autre que de siroter des margaritas. Parmi tous les clips qu’on a fait, il n’y en a pas un seul que voulais faire. Se faire jeter de la nourriture dessus, 3 minutes à tourner, 5 heures à nettoyer, non merci ! Ensuite ils nous ont collés dans un frigo et dans une benne à ordure, alors que je suis claustrophobe et germophobe et je n’aime pas avoir des trucs sur la figure.. C’est une forme de torture, Matt s’amuse à me faire subir tout ce que je déteste.
M: Je lui ai donc dit qu’elle pourrait faire ce qu’elle voudrait sur le prochain clip.
K En fait tu avais déja dit ça après celle de “Daylight” et je n’ai toujours rien décidé !
M: C’est un des problèmes avec le fait d’être un groupe de 2 personnes. Quand on n’est pas d’accord, c’est 1 contre 1..
Du coup, qui gagne entre vous deux ? (NDA: ils comparent leurs biceps – Matt tout maigrichon et Kim, euh, comment dire, batteuse très en forme…)
K: (hilare) C’est moi évidemment ! Mais il est très persuasif. Il me promet des massages.. Je déteste tourner les clips mais au final il a toujours des super idées. Ça dure au maximum 2 jours et c’est toujours génial. J’adore ce qu’on fait. Je rêve juste d’avoir 2 semaines de vacances. Deux semaines, c’est tout ce que je demande !
Matt & Kim assurent toutes les premières partie de la tournée de The Sounds, qui malheureusement ne passe pas par Paris…Je guette personnellement leur prochain passage dans nos contrées.
Magnifique chronique de moi-même sur l’album des deux hurluberlus ici



Faut-il encore présenter l’Apéro Popingays ? Son bilan ne parle-t-il pas pour lui ? C’est sa troisième année de mandat et il n’a encore jamais dérogé à son programme !
1 – Relance de la croissance par la consommation de boissons fraîches, avec happy hour jusqu’à 20h et grignotages offerts (dans la limite des stocks disponibles).
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