Chroniques

Florence + The Machine – Lungs

Par - Publié le 29 octobre 2009

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Florence + the Machine - Lungs

Voilà des mois que j’écoute Lungs en boucle et que je ne comprends pas pourquoi cet album n’a pas encore explosé aux oreilles du monde.

Florence + The Machine est, comme son nom l’indique, composé de Florence Welsh et de “The Machine“, groupe à géométrie variable (de 1 à 7 brillants musiciens) qui l’accompagne. Que ce soit bien clair, c’est Florence qui mène la barque. Elle est à la fois déesse et grande prêtresse païenne de son propre culte aigre-doux et poétique. Après avoir créé le buzz en récoltant un Critics’ Choice Award aux Brit Awards 2009, cette enfant cachée de Kate Bush, Björk, Siouxie et Dionysos (le dieu de la piquette, pas le groupe) fait sa maline en accouchant d’un premier album tout simplement fabuleux.

Malgré (ça dépend des gens) une certaine ressemblance avec Mylène Farmer (forcément,  un grande bringue très sexy avec une manne de cheveux roux), Florence Welsh en impose d’abord par sa voix époustouflante et par sa maturité vocale. Tantôt poignante et caressante, tantôt soul, tonitruante et lyrique, cette très charmante anglaise nous offre un aperçu de son univers flamboyant, punk et baroque, au romantisme noir digne d’un Edgar Allan Poe. A noter, la voix de la demoiselle étant assez extrême, vous serez soit subjugué, soit franchement irrité.

Malgré un petit coté timide, Florence donne en effet dans le chant théâtral, la tragédie grecque musicale, truffée de montagnes russes rythmiques, d’accalmies, de silences et de progressions dramatiques qui laissent hors d’haleine, tout en restant dans le registre pop/rock/folk. Vous vous surprendrez à pousser un soupir de soulagement et de satisfaction entre deux morceaux, comme après une heure de course, tant cet album procure une énergie euphorisante. Lungs a quelque chose d’animal et de brutal, mais qui serait soigneusement camouflé par une foison d’arrangements. Cordes, myriades de chœurs, batteries endiablées, l’ambiance des compositions évoque parfois l’univers néo-celtiques de Bat For Lashes (c’est teuf de la harpe sur “Cosmic Love “et “I’m Not Calling You A Liar” rappelle la magie d’un Songes d’une nuit d’été, version Dolores O’Riordan). Les mélodies parfaitement entêtantes (“My Boy Builds Coffins” ou “Rabbit Heart“) s’accommodent fort bien des omniprésentes batteries et des poignants imbroglios vocaux qui les accompagnent. Ce qui en ressort sont des explosions de supernovas et de délicats couchers de soleil, des paillettes plein les yeux (“I’m Not Calling You A Liar“), qui vous remuent les tripes. Et pour faire léger, les paroles de la dame tirent majoritairement vers la mélancolie option rage sourde. On passe de l’amour à sens unique consciencieusement noyé dans l’alcool au poétique échange de souffle entre 4 lèvres, en passant par la construction de cercueil sans même y faire attention.

Histoire de bien appuyer sur le baroque, les vidéos de Florence + The Machine valent leur pesant de gommettes multicolores. Elle a une certaine prédilection pour les tenues très près du corps particulièrement seyantes. Admirez le mélange Jeanne d’arc (pour la prière) + Lady Gaga (pour les gants de golf en cuir noir) +Elle McPherson (pour les interminables gambettes)+ Catwoman (pour le masque) + Beyoncé (pour les chorégraphies en justaucorps) sur celui de l’imparable “Drumming Song , ou le très léger hommage au Studio 54 (et à Pierrot la Lune) sur celui de la reprise “You’ve Got The Love (The Source feat. Candi Station).

A voir les époumonages viscéraux de Florence sur la version live épurée du trash et un peu lesbien “Girl with one eye” (quoi esprit tordu? Il y est question de mettre la main sous la jupe d’une fille de façon non douloureuse et d’”enlève tes sales doigts de ma tarte”…), je trépigne à l’idée de voir la demoiselle faire son show au Festival des Inrocks le 7/11 à la Cigale.

D’ici là, fourrez-vous Lungs dans les écoutilles sans tarder.

http://www.myspace.com/florenceandthemachine

http://florenceandthemachine.net

Label: Islands/Universal

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