Ray Lamontagne @ La Cigale, le 19 septembre 2009

Une fois n’est pas coutume, je prends la peine de faire un petit compte rendu de concert. Parce que je le veux bien.
Alors que je me morfondais de ne pouvoir y assister, une malencontreuse chance a fait que j’ai récupéré in extremis une place (concert complet depuis des mois). Je me rend à la Cigale, fortement décidée à ne pas pleurnicher devant Ray Lamontagne.
Si quelqu’un a des précisions sur la première partie, faites-moi signe, j’ai quasiment tout loupé… J’ai juste cru apercevoir une jeune femme en robe bleuâtre, avec une guitare, qui faisait du sous-Ani Difranco.
Après une attente certes un peu longue, La Cigale (en configuration assise, fait suffisamment rare pour être précisé) entre subitement en ébullition. Et de débarquer tranquillement sur sur scène 4 énergumènes qui ne ressemblent à rien (vraiment aucun effort) et qui s’installent sur des tapis soigneusement disposés par terre. Le message est clair: “Bienvenue dans le salon, on est chez nous“. A ma droite, dans le coin bleu, campe Ray en chemise moche + une guitare + une table de chevet + sa petite bouteille d’eau + sa petite serviette bien pliée. Au beau milieu de la scène, la discrète bassiste Jen Condos (ouais une fille) se tient un peu en retrait. Le batteur Jay Bellerose ressemble à Steven Segall, sans les cheveux et le guitariste/slide guitariste Eric Heywood à un hobbit installé au milieu de tout son fourbi, dans le coin gauche de la scène. Chacun a droit à sa petite couleur d’éclairage individuelle et roulez jeunesse.

Dès les premiers accords de guitare, le silence se fait dans la salle. Aux premières syllabes chantées par le barbus en chemise (moche donc), j’ai la chair de poule. Voila, il aura suffit de 10 secondes de folk pas très complexe, aux textes sans prétention et à l’instrumentation modeste pour que l’émotion envahisse la salle. Malgré le trop-plein de reverb sur la voix rauque, suave et erraillée de Ray, celle-ci fait mouche. Le son est impeccable, tout rond, tout chaud et on est bien Tintin. Comme roulés en boule au coin du feu avec un bon verre de rouge (ou un pisse-mémé pour les ascètes). Les musiciens sont sans prétention mais assurent tout un tas de cacahouètes. Les titres s’enchaînent tranquillement, à peine ponctués par un “thank you” – assorti systématiquement d’un essuyage soigneux de barbe, que Ray Lamontagne a fort touffue, en bon bucheron du Maine qu’il est. Ray(man et ses lapins crétins – facile) alterne subtilement les ballades folk mélancoliques, extrêmement touchantes, et les pièces plus pop et up-tempo, avec la même finesse et le même brio. Chaque début de morceaux provoque applaudissements et petits gloussement de joie dans la salle, qui connaît visiblement toute la discographie de l’austère sieur par cœur. Il a tout le public dans la poche avant de sa chemise, aussi moche soit-elle.
Tout y passe: on frissonne sur les touchants “I Still Care For You“, “Gossip In The Grain” (pas de Beth en vue, rien à voir) ou “Let It Be Me“. On tape du pied et s’émerveille devant la sensibilité à fleur de peau du chanteur discret – et pourtant si présent, dès qu’il pousse un tout petit peu sa voix (voir le presque rock “Meg White“). Le magnifique “Trouble” achève de me convaincre que, l’air de rien, ce chevelu est un grand de la folk et qu’il n’est point besoin d’arrangements compliqués pour faire passer tout un tas de jolies choses.

1h20 plus tard, après un rappel fourni, Ray & Co quittent la scène, visiblement fourbus et je me prends à regretter ces 80 minutes si vite passées. Il ne manque à Ray Lamontagne qu’un peu moins de cette timidité maladive, qui l’empêche d’articuler plus de 3 mots hors chansons, pour en faire un Neil Young des années maintenant.
Seul manque au répertoire le sublime “You Are The Best Thing“, qui m’aurait, à coup sur, fait pleurnicher. N’est pas Shara Worden qui veut, mais Ray Lamontagne le taciturne est merveilleux dans son genre.
[rating: 5/5]
Photos Jon Klemm

Faut-il encore présenter l’Apéro Popingays ? Son bilan ne parle-t-il pas pour lui ? C’est sa troisième année de mandat et il n’a encore jamais dérogé à son programme !
1 – Relance de la croissance par la consommation de boissons fraîches, avec happy hour jusqu’à 20h et grignotages offerts (dans la limite des stocks disponibles).
2 [...]

Oh oui, super concert!
Il faut dire que j’aime beaucoup les trois albums de Ray, alors j’aurais difficilement été déçu…
Pas de You Are The Best Thing: trop difficile à jouer sans les cuivres je pense…dommage!
Mais toutes les autres chansons up-tempo y sont passées. D’ailleurs le public faisait bien entendre son plaisir à chaque fois(Trouble, Meg White, Three More Days, It’s A Shame, pour laquelle Ray a délégué la guitare pour jouer les puissantes parties d’harmonica, ). Tiens j’y pense…pas de How Come!
Sauf erreur, le concert s’est ouvert sur Be Here Now, et s’est terminé sur Till The Sun Turns Black et Gossip In The Grain, jouées sans arrêt entre les deux….avant le rappel bien sûr: la seule reprise de tout le concert: The Man In Me de Bob Dylan, avant d’en finir pour de bon avec Three More Days.
Celle-là je l’attendais. Les 1eres secondes reconnaissables m’ont rendu fou. Elle est à mi-chemin entre le blues et la soul.
Les arrangements étaient très simples. Le guitariste semblait parfois plus à l’aise sur sa steel guitar (voir la photo) que sur sa guitare électrique.
Le son était très roots. Ray jouait branché mais aussi devant un micro, pas d’effets pour la guitare elctrique sauf pour la steel guitar sur Be Here Now, basse discrète, et percussions diverses à la batterie plus souvent que le jeu aux baguettes.
Beaucoup de spectateurs sont arrivés pendant voire après la première partie. Je n’ai pas retenu le nom de cette chanteuse Belge germanophone, qui s’accompagnait sur une guitare à cordes nylon et nous parlait en français avec un charmant accent. C’était agréable mais pas non plus extraordinnaire, très rnb et ragga.
Comment by Pollux — 23 septembre 2009 @ 18 h 29 min