Phantom Feat. Lio

Après Marie-France et Jacques Duvall, les belges de Phantom font chanter Lio. Sur cet album qui se veut rock, elle retrouve son parolier historique et ami, Jacques Duvall, sur onze titres où l’on retrouve l’espièglerie exacerbée de l’interprète qui masque cette sensibilité qui lui a toujours été propre. Avant la sortie de cet album, le 12 octobre, Popingays rencontre Miam-Miam, leader des Phantom et du label Freaksville, Jacques Duvall et Lio.
Lio, après Teki Latex, il y a 2 ans, vous collaborez avec Phantom. Ca faisait longtemps que vous n’aviez pas travaillé avec de nouveaux artistes. Est-ce que vous retrouvez dans la scène actuelle une énergie semblable à celle qui avait porté Elie Et Jacno ou Telex ?
Lio : Je vous arrête tout de suite. Le seul artiste avec lequel j’ai du mal à collaborer, c’est moi-même. J’aimerai bien fait des choses pour moi mais je rame pour avoir un contrat. Pour collaborer, je n’ai pas de souci, on vient souvent me chercher. Maintenant, pour répondre à votre question, oui il y a de l’énergie, il y en a toujours dans la nouvelle scène. Mais ça dépend ce que vous entendez par ce terme de nouvelle scène. Car de l’énergie, il y a ceux qui m’en donnent et ceux qui m’en pompent. Vous ne voulez pas parler de Bénabar, j’espère ?
Le revival 80’s persiste. En choisissant de travailler avec une des icônes de cet âge d’or, vous allez à contre courant et proposez un album rock garage.
Miam-Miam: On a toujours fait cela. Ce que nous aimons c’est la musique authentique, la scène, Londres, les années 80, l’énergie rêche, le blues, le rock garage.
Pourquoi faire appel à une chanteuse pop pour un album rock ?
Miam-Miam réfléchit.
Lio : Car ils aiment les filles. Et comme les rockers sont trashs, ils aiment soit les très jeunes filles, soit les vieilles comme moi. C’est ça la perversion rock.
L’album a été enregistré en 2 jours dans des conditions live.
Miam-Miam: Nous travaillons toujours comme cela avec les artistes. Il a été fait dans des conditions extrêmes dans un studio poubelle, désaffecté et vintage. Il faisait très froid. Nous nous chauffions au pétrole d’où l’odeur nauséabonde. Malgré cela c’est un disque chaud et cela est possible grâce au filtre de la chanteuse.
Lio : Malgré l’odeur de chats décomposés, j’ai trouvé ça chouette.Ca me rappelait quand j’avais 16 ans et que je partais pour mon premier voyage en Angleterre. Je me revois avec ma valise, prendre la bateau à Ostende et atterrir dans un hôtel minable de Londres, tout ça pour voir Siouxie and the Banshees et d’autres. Le néon vert du studio de Liège ne donne pas bonne mine, je n’ai plus 16 ans. Mais c’est la réalité de Phantom, la réalité d’un groupe rock.
Miam-Miam : Les chansons naissent d’un hasard. On tire partie des failles. Entre Phantom et Jacques Duvall nous privilégions l’improvisation, le Talk over. Ca rend les choses très expérimentales. Notre démarche est sans prise de tête. Par exemple, ça faisait un moment que nous travaillions sur « Mon Jules marche pour l’eau », destiné à un autre artiste, et cela ne fonctionnait pas. Wanda a pris le micro et cela a transformé l’essai. Tout comme nous étions déçus de ne pas pouvoir faire, faute de temps, « Le Long de la Voie Ferrée ». J’ai juste pris ma guitare et cela a donné cette version épurée et réussie. Nous avons même gardé le bruit des trains qui passaient au-dessus de nos têtes.
Néanmoins, ce disque ressemble, dans ces textes, à un album de Lio puisque Jacques Duvall (ndlr : ami de Lio depuis bon nombre d’années et auteur de Banana Split et tant d’autres) en signe les textes qui lui ressemblent.
Lio : C’est parce que je n’ai aucune personnalité, c’est bien connu. (rires). Le lien avec Duvall est fort, je le connais depuis que j’ai 8 ans. Bien sûr, les choses pourraient se mélanger. Une chanson comme « Poupée Pop » (de son futur album solo) aurait pu figurer sur ce disque et j’aurais pu conserver « L’amour ne m’a jamais manqué ». Les choses d’inter changent. Il faudra attendre d’écouter ce prochain album pour en voir les différences.
Lio, on vous connaît pour vos chansons joyeuses mais il y a tellement de chansons tristes de votre répertoire qui sont si merveilleuses.
Lio : (Elle se tourne vers Jacques Duvall) C’est vrai qu’on m’a catalogué comme cela, mais j’ai toujours dit que j’étais une vraie interprète de chansons mélancoliques.
Lio, est-ce que Mélancolie serait un bon synonyme de Pop ?
Lio : Pop rime avec Tragédie. C’est bien pour cela que j’ai décidé de ne pas mourir de ma pop-ittude. Avec le rock, on sait pourquoi on signe. Le trash fait partie des termes du contrat. Mais la pop vous ment : elle se veut belle mais elle reste tragique. Regarde Michael Jackson ou Britney Spears.
Miam-Miam : Mais la mélancolie de la pop tire vers une certaine lumière. Ce qui est beau, c’est cette fausse joyeuseté.
Lio : C’est pour cela que j’adore « Toxic » de Britney. Tout est résumé dans le titre.
30 ans après, tout le monde danse encore sur Banana Split. Est-ce que cela vous étonne?
Lio : Mon dieu, pardonnez leur ! Je déconne. J’en suis la première surprise. L’autre jour, je regardais le grand journal, et avec ma fille on a vu Beth Ditto qui la chantait. On a immédiatement appelé tous nos amis pour leur dire. « Vous avez vu ça ? ». C’est vrai que c’est une chanson géniale et quelque soit la version que nous en faisons, elle a toujours fonctionné.


Quelle belle découverte que le sourire de Kele
Quel avenant cliché que le visage de Kele...





