Interview de Chris Garneau
Cet été, le compositeur et chanteur Chris Garneau est passé sur la terrasse des Popingays pour une petite interview. Au menu, vous trouverez quelques questions sur la sortie de son dernier album El Radio, écrit dans une vague plus optimiste. La vidéo du beau gosse de Brooklyn est déjà en ligne sur PIG TV! Alors pour ceux qui ont un “fluent english” sur leur CV qui serait en réalité un peu rouillé, voici la traduction écrite. On le dira pas à votre boss, promis.
L’INTERVIEW…
PIG : Qu’est ce qui s’est passé entre le premier et le second album?
Chris : Le principe du premier album était de retranscrire ce que je faisais sur scène. On a donc fait quelque chose de très acoustique. A l’époque, je jouais soit seul, soit avec un violoncelliste et parfois une troisième personne. C’était toujours très simple, très économe, avec une instrumentation minimale. Pour le second album, j’ai vraiment voulu le produire, l’écrire et faire participer de nombreuses personnes à l’enregistrement. Je terminais littéralement l’écriture des morceaux pendant qu’on était en studio et ils ont été enregistrés dès l’écriture terminée. Le processus a été très différent.
PIG : Qu’est ce qui rend cet album moins mélancolique que le premier?
Chris : Ça reste un album assez sombre, mais j’ai tenté de présenter ce matériel d’une manière plus divertissante. J’ai aussi essayé de prendre un peu de distance par rapport à moi-même. J’ai inclus d’autres personnes, d’autres histoires et d’autres choses extérieures à moi dans mon écriture. La combinaison de ces éléments donne un son plus ouvert et un peu plus plaisant à écouter.
PIG : Qu’est ce qui a déclenché cette écriture plus optimiste?
Chris : Ça a commencé il y a trois ans, juste avant la sortie de Music For Tourists. Ma grand-mère est décédée et, bizarrement, ça m’a donné une espèce d’énergie à laquelle je n’étais pas habitué. J’ai découvert ce que faire le deuil d’un proche signifiait, découvert ce que c’était de ne plus l’avoir à mes cotés. C’était la mère de ma mère, et ça m’a aussi permis de voir ma mère sous un jour nouveau, de la voir comme une enfant et non comme ma mère. Ça a vraiment changé ma perception des choses et de moi même, et donc ma façon d’écrire.
PIG : Qu’est ce qui t’as plu dans la chanson d’Elliot Smith que tu reprends?
Chris : En fait, s’il fallait choisir une seule chanson qui m’accompagne et que j’écoute en boucle depuis mon adolescence, qui me réconforte,tout en étant triste, et qui me permet d’accepter qu’être triste est une chose normale, ce serait cette chanson. C’est un morceau que je joue depuis très longtemps. J’ai continué à le jouer quand j’ai commencé à me produire à New York. Je n’ai jamais arrêté de jouer cette chanson, c’était donc important pour moi qu’elle soit sur le premier album.
PIG : Quelle musique écoutais tu plus jeune?
Chris : J’écoutais beaucoup de musique classique, simplement parce que j’essayais d’apprendre la musique classique, et que j’en avais tout le temps dans la tête. Bien sur, j’ai fouillé dans la discothèque de mes parents, même si elle n’avait rien d’extraordinaire: les Beatles, les Beach Boys, Joni Mitchell et essentiellement du rock & folk des années 60-70. Au début de mon adolescence, je me suis mis à écouter Nina Simone. Elle a été ma première “héroïne” musicale, découverte sans l’aide de mes parents ni de ma grande sœur. Elle m’a ouvert les portes d’un univers musical complètement différent de celui dans lequel j’étais.
PIG : A quoi rêvais tu quand tu étais enfant?
Chris : J’ai toujours su que je voulais faire du spectacle et de la musique. J’ai commencé le piano à cinq ans. J’aimais m’imaginer en train de jouer devant des milliers de personnes, alors que j’étais tout seul. J’adorais faire semblant. Au bout de dix ans de piano, j’ai commencé à me tourner vers d’autres univers, qui m’ont progressivement amené à l’écriture et au songwriting. Mais j’ai toujours su ce que je voulais faire, j’en rêvais jour et nuit. Donc ce que je fais aujourd’hui n’est pas vraiment une surprise!!
PIG : Ça ne te dérange pas d’avoir tant de gays dans ton public?
Chris : Non, ça n’a me dérange pas du tout! Et ça a toujours été le cas, depuis mes tous premiers concerts, quand je jouais un fois toutes les deux semaines dans une petite salle de Manhattan, le Living Room. J’ai commencé à avoir un petit public d’habitués vraiment très diversifié, qu’il était étrange de voir rassemblé dans une même salle. Il y avait toujours quelques gays marrants dans le lot. Et je suppose que ça risque de continuer à empirer… Mais comme on dit, plus on est de fous…
PIG : Et l’amour, tu en es où?
Chris : Euh, en général? Euh, hum j’en sais rien.. Euh “je sais pas” …
Myspace : http://www.myspace.com/chrisgarneau
Labels : Absolutely Kosher Records / Fargo Records
Auteurs : Christophe ( Interview ) – Mell Boy ( Traduction ) – Bérengère ( Réalisation )

Faut-il encore présenter l’Apéro Popingays ? Son bilan ne parle-t-il pas pour lui ? C’est sa troisième année de mandat et il n’a encore jamais dérogé à son programme !
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