Interviews

Jacques Duvall

Par - Publié le 2 mai 2009

Il y a actuellement aucun commentaire sur cet article.

Parolier de renom, auteur de “Banana Split” ou “Les Brunes comptent pas pour des Prunes” pour Lio et de tant d’autres chansons pour Daho, Chamfort ou Helena Noguerra , Jacques Duvall chante également. Rencontré autour de la sortie de son 4ème disque “Le cow-boy et la callgirl” où il est accompagné du groupe Phantom, l’artiste belge revient avec popingays sur ces nombreuses années de succès.

http://www.myspace.com/phantomfeatduvall

Il s’agit de votre 4 ème disque en 30 ans de carrière. C’est peu.

Chanter, ça n’a jamais été mon truc. J’ai fait cela car dans les années 80, tout le monde devait sortir un disque Je chante avec un peu plus de plaisir depuis que je suis accompagné du groupe Phantom.

Quel a été donc le déclic avec eux ?

Je ne sais pas. Ils sont venus me chercher. J’ai adoré ce qu’ils faisaient. C’est le meilleur groupe de rock’n'roll belge. J’ai énormément de chance d’avoir reçu cette invitation.

On connait vos chansons dans un registre pop, mais c’est album se veut rock et blues.

Cet univers musical est plus proche de moi. Ce que j’écoute ce sont surtout des vieilleries blues ou country. C’est la base du rock’n'roll, lui-même à l’origine de la pop. C’est une époque où il y avait une réelle excitation à inventer. Moi, je trouve que la réinvention ou la seconde main, c’est noble mais je ne pense pas qu’on puisse retrouver l’engouement que ces musiciens souvent noirs er parfaitement inconnus au final ont eu en créant ce son, sans s’imaginer combien ça deviendrait énorme. Est-ce que les Beatles se seraient attendus à ça ? Aujourd’hui, c’est devenu un business tellement énorme. Je suis né en 52 et pour mes parents, quand j’avais 10 ans, c’était le métier à ne surtout pas faire. De nos jours, pères et mères poussent leurs rejetons à être artiste. Mais je ne sais pas s’il est encore possible de passer à la postérité. La musique, c’est ma vie. Je ne fais pas de valeur dans la chanson. Variété ou pas, s’il y a une émotion, j’aime. Un de mes prédécesseurs (ndlr : Gainsbourg) parlait d’art mineur. C’est vrai mais c’est tout autant poétique et noble.

Vos paroles sont souvent mélancoliques. Pensez vous qu’au départ d’une bonne chanson il y a toujours l’abandon ?

Je pense comme toi. Evidemment, ça se contredit. Cloclo, par exemple, a fait très peu de chansons d’amour malheureux. Il a toujours essayé d’être positif. C’est sans doute mon caractère. J’avais trop de disques à la maison. J’ai du faire une sélection. Et je me suis dis que je n’allais garder que les chansons tristes, lentes. Les autres, on les entend à la radio. J’ai plus de place.

Vous avez débuté en 1979, en écrivant « Banana Split ». Aviez-vous conscience avec Lio de créer un phénomène pop ?

On faisait ce qu’on aimait, nous étions 3, Lio, Jay Alanski et moi, nous avions le même rêve et nous sommes allé jusqu’au bout, ce qui rend cela encore plus beau. Le succès fut énorme. Et comme j’étais prétentieux, je pensais que ça serait comme cela à chaque fois et que nous vendrions 3 millions de disques tout le temps.

Avez-vous des regrets sur des choses que vous auriez écrites ou non ?

Je n’ai pas de regret même dans ce que je n’ai pas fait. Il m’est arrivé de refuser des projets car je suis assez flemmard ou parce qu’ils ne correspondaient pas à mon goût du moment.

Il y a, sur ce nouvel album, une chanson amusante où vous dites que les actrices sont plus ingrates que les chanteuses. Est-ce un constat ?

C’est n’importe quoi. Je voulais juste faire du name-dropping, pour être franc.

Sur votre site www.jacquesduvall.net, l’ensemble de votre discographie est reprise (ndlr : jusqu’en 2006) et ce qui m’a amusé c’est que pour chaque titre, vous répertoriez les bonnes mais aussi les mauvaises critiques que vous aviez eu.

C’est un parti pris et je trouvais l’idée amusante. La critique me touche comme tout le monde, mais je trouve que les extrêmes sont plus agréables. Lors d’un de mes 1er interviews, j’ai été reçu par Yves Bigot, qui avant de prendre l’antenne, m’a dit : « J’aime recevoir les gens dont j’apprécie le travail ». J’ai trouvé cela terriblement vexant. Ca te remet à ta place. A contrario, quand on reçoit une mauvaise critique, il y a toujours moyen de se faire passer pour un génie méconnu. Mais, bon, je n’ai aucune légitimité. Je déteste beaucoup comme la plupart des gens et c’est très bien comme ça. Monter sur scène, c’est autant pour que les gens vous aiment ou vous détestent.

Lire plus

Peppermoon – Nos Ballades (EP)
PopTeaTime, le 10 janvier au Tango !
Ratatat – LP4

Tags: , , , , ,

Pas encore de commentaire.

    Ecrire un commentaire

    You must be logged in to post a comment.

    Playlist du mois

    En janvier, sors donc la tête du cendrier !

    By PIG Team

    ChériE, c’est bon tu peux reprendre une respiration normale. Fini les overdoses mercantiles et les pseudo bears en rouge, à barbe blanche qui font semblant… »

    A suivre

    Recevez PIG News