Chroniques

Frida Hyvönen – Silence is Wild

Par - Publié le 8 décembre 2008

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Frida Hyvönen - Silence Is Wild

La blonde suédoise (non ce n’est pas forcément redondant) donne enfin une suite à l’acclamé Until Death Comes. Frida Hyvönen se livre de nouveau, armée sans complexe de son piano et de son timbre de voix limpide et résonnant. Elle a cette fois étoffé ses morceaux d’instruments, de chœurs et d’une production sans tâche ni aspérité, presque trop conventionnelle. On friserait presque la BO de Dirty Dancing (référence explicite au film en ouverture d’album…), si il n’y avait pas quelque chose de bien plus profond, de sourd et sombre, caché sous la surface de ce Silence Is Wild.

Derrière les évidentes références, décomplexées (de la Motown aux 80’s en passant par l’évidence des Beatles), ressortent d’abord des compositions impeccables, aux mélodies faussement joyeuses et redoutables. Frida Hyvönen livre un recueil de chansons douces, amères, sombres et resplendissantes à la fois. L’album est à l’image de sa voix : mélancolique, blessé, proche de la rupture, tout en étant insouciant, direct et aérien.

Forcément, ensuite, il y a Frida : affriolante, sexy mais intouchable et cérébrale, comme une Tori Amos, mais en blonde. En jeune aussi… La demoiselle n’est pas non plus sans rappeler l’indomptable Kate Bush (envolées lyriques et chinoiseries mélodiques, voir “Oh Shanghai”). Elle maîtrise effrontément ses mélodies, aux progressions aussi discrètes que puissantes. Et elle a l’air de se foutre de tout comme de son premier poney. Frida Hyvönen donne l’impression d’un distingué mais ferme majeur dressé à l’adresse de ses détracteurs potentiels, et des autres aussi, on ne sait jamais (“Highway 2 U”).

Ensuite, les textes de la douce suédoise sont d’une effroyable lucidité. Ils sont désabusés, fins et vrais (cf le récit d’avortement de “December”). Derrière sa prose crue et sans complexe, Frida écrit des odes en demi-teinte terriblement touchantes, dans lesquelles elle fait cohabiter gaité non feinte et pessimisme bancal. Frida tire à boulets rouge sur son propre statut de blonde scandinave (“Scandinavian Blonde” donc) et porte ses défauts (et ceux des autres) à bout de bras.

Au final, Silence Is Wild c’est un peu comme le discours d’un elfe (entité mince, blonde, aux oreilles en pointes, qui marche sur l’eau, s’habille en écorce de bouleau et murmure à l’oreille des hobbits). Mais c’est le diatribe d’un elfe passablement éméché au fond d’un bar, qui explique mort de rire, comment sa race distinguée approche l’extinction à force de se terrer trop haut dans les arbres et de se shooter à la rosée distillée. Frida et son silence sauvage sont sensibles, racés et fragiles mais puissants, railleurs et percutants.

http://www.myspace.com/fridahyvonen
http://www.fridahyvonen.com

Label: Secretly Canadian / Differ-ant

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