Rest Now, Weary Head ! You will- Get Well Soon
L’introduction d’un nouveau venu dans le monde de la musique sans évoquer les sempiternelles affiliations semble la voie aisée, mais l’exercice est un peu convenu d’autant plus que la comparaison risque d’écraser, intimider, ou décevoir. Get Well Soon est le projet de Konstantin Kopper, bavarois d’une vingtaine d’années, exilé à Berlin qui réussit le tour de force de placer l’Allemagne sur le terrain de la pop anglo-saxonne. Seul dans sa chambre, grâce à la technologie, il a passé trois ans à peaufiner cet album de pop opulente, invitant un grand orchestre, un chœur, des bidouillages électro et toute une batterie d’instruments plus exotiques les uns que les autres. Mais n’étant pas le seul à pouvoir s’offrir aujourd’hui ce luxe autrefois réservé aux artistes “bankable” – on pense à Beirut (ça y est, j’ai déjà raté mon coup) avec lequel il partage une certaine ressemblance physique et un léger goût pour les sonorités balkaniques, l’enjeu d’une telle tentative est autre et l’admiration ailleurs. Celui-ci ne va pas s’éparpiller, se disperser. L’équilibre entre la luxuriance et la tenue de l’album provoque un vertige jouissif, dont se dégage une mélancolie classieuse renforcée par le timbre grave et soyeux de Kopper. Get Well Soon fait mouche sans grandiloquence pompeuse et boursouflée, ni de catalogue musical ou d’inventaire historique d’un genre. Il offre un recueil de pop mélancolique majestueuse, à la maturité étourdissante pour un premier album. Les douze chansons de l’album découlent d’un alliage rare entre les accents épiques de la pop baroque et les bricolages décomplexés du rock alternatif, entre la sincérité des balades sentimentales et les détours rusés du rock indé, entre le format de la chanson et les architectures plus complexes du rock progressif. On ne pourra éluder le plaisir que provoque la lecture des titres, malicieuses micro fictions tel “If This Hat Is Missing I’ve Gone Hunting“, pour ne citer que l’un d’entre eux qui rappelle un prodige de la folk US : Sufjan Stevens (encore raté). Que ceux lassés par un énième nouveau talent se laissent tenter par la seule reprise l’album, passage dans un univers : l’étonnante métamorphose du “Born Slippy Nuxx” d’Underworld, hymne techno-nihiliste de Trainspotting en ode désenchantée et mélodieuse. L’artiste, en toute (fausse ?) humilité a signé au bas de l’arrière : a guarantee by the artist : “I tried my very best to make this music loveable”… Heureusement, il n’y a pas réussi ; sa musique n’est pas seulement “loveable”, elle nous a rendu accrocs. On n’est pas prêt de s’en remettre.
http://www.myspace.com/youwillgetwellsoon
Label: City Slang /Cooperative Music



Quelle belle découverte que le sourire de Kele
Quel avenant cliché que le visage de Kele...





